Blast : Swan Périssé et Guillaume Meurice, Rire pour Résister
Il est hors de question d'aller en horde sur qui que ce soit, je voulais juste faire une réaction par rapport à un propos que vous auriez pu entendre sur une vidéos, que je trouve très intéressante en plus.
En ce moment, je suis clouée au lit, état grippal bien énervé et bien décidé à me faire rester dans ma chambre... C'est ainsi qu'entre deux alternances de sommeil, bah je regarde Blast (que veux-tu, tant qu'à souffrir... Mais non je plaisante, je les aime bien mes soc-dem de Blast ❤). Bon, à un moment donc, je tombe sur cette émission datant du 12 août 2025, avec Swan Périssé (je l'aime, c'est une queen) et Guillaume Meurice, interviewæs par Salomé Saqué.
Je ne vais pas refaire toute l'émission, je t'invite à aller la regarder. Déjà parce que c'est intéressant, mais également parce que le ton change un peu, du fait qu'æls se connaissent. C'est agréable et ça change un peu.
Or, à un moment, vers ce timecode, Guillaume finit par avancer que l'humour est un thermomètre de la montée du fascisme et que les humoristes "ne seront pas les premières victimes (...) mais les premiers à trinquer, ça c'est sûr", avec Salomé Saqué, et touxtes deux ont leurs raisons (il expriment aussi des nuances, hein). Sauf que, ce point de vue m'a faite réagir... Et d'ailleurs que Swan (cette queen, again) a donné un magnifique contre-exemple sur la montée du VIH (au début de l'extrait d'ailleurs).
Et c'est précisément ce fait qui m'a donné envie de parler en tant que concernée (donc merci à elle ❤).
Tout ça pour dire que non, avec tout mon respect pour la profession d'humoriste, essentielle au militantisme et à l'éveil politique. Non, ce ne sont pas les humoristes les premiærs oppressæs dans un régime qui se fascise. Parce que, comme le disent d'ailleurs les deux autres personnes de l'émission, Salomé dans son livre, et Swan qui justement cite ledit livre, Résister, ce n'est pas une chose qui arrive d'un coup. C'est un processus qui quoi qu'on en dise ne commence pas par les humoristes, ni les journalistes, d'ailleurs. Et je le dis parce que je suis concernée, et je ne suis pas la seule à se prendre de plein fouet le fascisme.
Ça fait 5, 10, 15 ans qu'on le hurle, en France, depuis les attentats de 2015 et même avant. On a vu une accélération des oppressions sur les minorités. À commencer par les personnes racisées.
Mais aussi, et je mesure bien ce que je dis, il s'opère aussi en France un génocide silencieux, ciblé sur les personnes trans et non-binaires. Au travers des thérapies de conversion (récemment limitées, encore heureux, mais pas totalement clôturées), au travers des violences, de leurs familles, de leur précarisation, de décisions politiques graves, de violences par idéologies... J'en ai assez chaque année de devoir ajouter de nouvæls adelphes à la liste des souvenirs douloureux du TDOR (Trans Day of Remembrance).
Mais ce ne sont pas les seul·es. Encore moins avec la loi fin de vie, cette loi que je méprise, tant je la trouve attirante par moment dans ma dépression, au point que j'ai demandé à ma mère et à une de mes partenaires si elles m'aideraient à partir... Combien de personnes touchées par l'eugénisme de cette loi ? Le pouvoir des associations aussi, Swan le rappelle justement parce que le tissus associatif est, bien avant les humoristes, un des organes de résistance face à l'installation du fascisme. Malgré tous les défaut que je trouve à bon nombre d'associations, mais là n'est pas la question. Évidemment je ne suis pas là pour juste critiquer le travail d'humoriste. Mais pour apporter une vision plus populaire de l'installation du fascisme dans une société où le sang a déjà commencé à couler par et à cause du fascime.
Et au contraire de critiquer pour la critique, j'invite plutôt grandement les humoristes à se saisir de la question, car vous pouvez faire vivre ça. Le premier enjeu du fascisme, ce n'est pas vous, ce sont toutes les minorités en dessous de vous (dont vous pouvez d'ailleurs faire partie aussi, hein). Leur but est de faire disparaître les personnes trans, non-binaires, xénogenres, racisées, handicapées, neuroA, etc, de l'espace public et des discussions. De ramener le féminisme à une position de principe plutôt qu'à une action intersectionnelle et populaire, et de pervertir tous les actes associatifs progressistes dans leur ensemble. Et l'humour est formidable pour mettre ces perversions en exergue.
Faites-nous exister. Parlez de nous, dédramatisez la peur de celleux qui ne nous connaissent qu'au travers de désinformations haineuses. Riez avec nous, mais par pitié, avant que plus personne ne se soucie de nous défendre, avant que nous ne soyons plus là pour vous prévenir, c'est maintenant qu'il ne faut pas nous oublier. L'humour peut aussi faire exister et rassurer. Il peut dire "vous n'avez rien à craindre des personnes différentes".
Je dis ça sans haine, mais je suis un peu touchée au fond qu'on dise que les premiærs seraient les humoristes alors que si j'aligne déjà mes connaissances queers disparues, je suis alors déjà au milieu d'un charnier. Et ça m'attriste car ça me donne L'impression que nous ne comptons pas (même si aucune des trois personnes n'as jamais dit ça, c'est ainsi que ça me touche). Mais dites-vous bien que si le fascisme arrive jusqu'à vous, non, ce n'est pas le début, c'est que pour la plupart d'entre-nous, il est déjà bien trop tard.
Merci d'avoir pris le temps de lire jusqu'ici, à mes adelphes, à mes sœurs à mes frères encore en vie, même si on se boude, je vous aime ; à celleux disparu·es, je vous regrette.
Thea.