Évasion - Prologue

Ceci est un premier écrit pour poser les bases de notre récit sur TESO avec LynaMess, et qui a été demandé par Ael. Je ne suis pas autrice, ceci est un challenge que je me fixe, alors la lecture pourrait ne pas être incroyable, mais cela pimente un peu mon quotidien.

Lignval, 3 heures du matin.

La nuit était épaisse et pesante. Elle avait pris place dans les rues de la cité, comme a son habitude, surtout en cette période de l’année. Les hivers sont rudes dans la région de La Colsens. Le froid s’insinuait entre les pierres, accompagné d’un silence. Quand le Soleil disparaissait, cette partie du monde se cloîtrait, portes fermées, volets verrouillés, bougies éteintes.

Les seules traces de vies nocturnes à faire exception à la règle étaient les chats et les gerbilles. C'était leur moment. Dommage que personne ne pouvait assister à leur étrange ballet représenté chaque nuit, les unes tentant de survivre aux autres dans le suspense le plus prenant. Enfin personne, peut-être exception faite de cette nuit-ci.

Malheureusement, le spectacle vivant était le cadet de ses soucis.

Bruissement, clapotis dans les rares flaques des rues au tracé inégal, la buée d'un souffle de vie s'élevait dans le froid. Et c'est ainsi que le ballet se dispersa, tout comme le silence crépusculaire qui cessait d'être imperturbable, juste le temps d'un passage. Cap, cap. Cap, cap. Le bruit était assez étouffé pour ne pas être perceptible des habitænts, mais assez pour représenter une transgression aux règles. Elle le savait. L'ombre semblait savoir parfaitement où se diriger, et défilait sous les rais de la Lune. Elle tournait sèchement de rue en rue, guidée sans chercher son chemin, une seule trajectoire, un seul but en tête. Sautant au dessus des murets et autres mobiliers boisés de la ville, la menuiserie, petite fierté de Lignval.

Cap, cap. Cap, cap. Cap, cap.

Une mèche rousse sursautait sous le capuchon de la perturbatrice de quiétude. D'un geste, elle vu dégagée de devant deux iris d'un vert qui éclatait sous la lumière sélénique. Comme en reflets du ciel étoilé, brillaient quelques constellations de tâches de rousseur autour de son nez qui tombait en pic au dessous de ses cils curieux et déterminés.

Le pouls de l'inconnue s'accélérait. Plus que deux rues et elle y serait. Son regard se fit plus dur, concentré sur sa mission dont la destination approchait. Rester discrète, ne pas se laisser distraire, couper cette pression qui lui rappelait tout ce qu'elle risquait à être prise dehors pendant le couvre-feu du Maistre. Une femme qui plus est.

Dernier virage. Plongée sur le parvis du Bâtiment des Objectifs, elle continua sa lancée, en sentant une main la saisir par la nuque et une autre se refermer sur ses lèvres.